mardi 18 septembre 2012

"A trop discuter, on perd la vérité"

2012

On pourrait penser que les choses se tassent ou se taisent, mais non.
En 2012, on accueille avec le sourire mais on entend des personnes qui harponnent et crient, mécontentes et ingérables, la bave aux coins des lèvres: "mais vous pourriez pas aider plutôt les bons Gaulois plutôt que ces Kosovars?" voire un tonitruant "C'est pas parce qu'on s'appelle Nacer qu'il faut mettre au mur une photo de Marianne même pas française".
 

samedi 15 septembre 2012

2012

J'accueille donc les nouveaux venus qui vont dire 2500 fois "bonjour" et "le sens de la visite est par là". Petit briefing rapide:
"- Bonjour à tous et merci de rejoindre les troupes des volontaires pour faire découvrir la préfecture durant les journées du patrimoine. Alors, si on vous pose des questions sur...
- Ah ben, j'dirai rien!
- Pardon?
- Si on me pose des questions, c'est promis, je réponds "j'ai pas l'droit de parler, devoir de réserve du fonctionnaire"!
- Mais, heu, je pensais plutôt à des personnes s'intéressant à l'histoire de ces murs, voyez-vous.
- .....
- A la différence entre l'institution Conseil Général et l’État.
- ....
- Bien, vous donnerez la plaquette."

mercredi 12 septembre 2012

"Chaque épreuve augmente la certitude de l'inconstance de la cause"

2009

Ouh qu'elle est palichonnne cette nouvelle chef cab amenée dans les bagages de notre VIP "femmes et familles" qui passe un vendredi sur 2 à Metz (l'autre étant passé à Nancy).
Déplacement au pas de course et sous une pluie battante. Entre l'étape 3 et la 4, voire entre la 4 et la 5, la pépette et moi attendons patiemment devant une mairie "amie", quand, d'un coup d'un seul, la voilà qui tourne de l’œil et s'effondre dans une belle flaque d'eau.
Merde. Je la prends dans mes bras, lui tapote les joues et cherche des yeux de l'aide. Les RG qui sont finalement mieux planqués qu'on ne le pense, rappliquent et appellent immédiatement les pompiers.
Quelques minutes plus tard, ces derniers prennent le relais.
"- mademoiselle, alors, ça va mieux?
- oui (timide et lointain)
- bon, mais faut manger vous savez. Vous avez fait une belle chute de tension. Il est 15h, je suis sûr qu'en fait vous avez sauté le repas de midi.
- non
- taratata. Où avez-vous donc mangé?
- chez le préfet..."
La frugalité de l’État peut avoir de ces conséquences... 
La VIP déboule, regarde, hautaine, ce bazar, dit simplement: "bon on s'en va" et remonte en voiture. Le cortège nous quitte ainsi, plantant la jeunette hagarde et moi.

Je rappelle que le 25 novembre est la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes.

mardi 11 septembre 2012

« L’État est incompétent en matière d’art. »

2012

Nan, pas encore Pompidou? Hein? Ben si! Nan, allez! Si si si.
Bon.
Le musée n'accorde à la presse que deux emplacements, deux spots, pour prise de vue. Le premier, symbolique de l'expo, regroupe des douilles d'obus travaillées par les poilus au fond des tranchées. 
Angoissant. Mais ce qui m'inquiète le plus est juste à 2 mètres; cette magnifique œuvre intitulée "princesse x" et qui, on va arrêter de se mentir, représente clairement un sexe masculin. Tous les photographes se passent bien sûr le mot pour saisir notre VIP, féminine et jeune de surcroît, devant, à côté, à proximité, pas loin, de cette bite dorée. Ceci dit, cela reste un challenge privé, dans la mesure où il ne sera guère possible d'exploiter médiatiquement cette prise de vue. Ça donne tout de même le ton de cette visite. On glousse un peu. 
Ça fait toujours ça, le cul, quand on est plus de deux.
Nous laissons la délégation poursuivre sa visite et emmenons les journalistes au point de rendez-vous suivant, devant le plus grand Picasso connu. Et on attend. Patiemment. Plus je regarde cette œuvre, moins elle me plaît. Certes, c'est entendu, c'est très grand. Mais mon sens de l'esthétique n'y trouve pas son compte.
Un groupe d' handicapés vieillissants s'approche lentement de nous. Ils sont presque tous en fauteuil roulant et viennent se planter devant l’œuvre "Parade", qui visiblement ne provoque pas grand-chose chez eux. Quoi que. Bruit de flatulence, odeur pestilentielle immédiate... Ces fauteuils roulants ont donc une option "chaise trouée". Mon Dieu, quelle horreur. Une célèbre plume lorraine lance: "je suis d'accord, il est à chier ce Picasso". Énorme éclat de rire stressé. 
Ça fait toujours ça, le cul, quand on est plus de deux.

lundi 10 septembre 2012

« Toute écriture est politique puisque toute écriture est une vision du monde. »


Depuis toute petite, depuis que je sais écrire avec un stylo-plume et non plus avec une craie grasse, depuis fort fort longtemps donc, devant une page blanche, j'ai systématiquement envie d'écrire "il est un monde...". C'est tout de même mystérieux. Et puis, rien d'autre ensuite. Juste "il est un monde".
Cette confession est d'un ennui sans nom et pourtant je suis sûre qu'un sens caché apparaîtra un jour.

Le bijou de l'âme

 2012

Cette étrange prof de Makko Ho nous invitait, après avoir tenu différentes postures propices tant au massage de l'intestin grêle qu'à l'amélioration de la vue, si c'est pas merveilleux les techniques asiatiques, à fermer les yeux et à "imaginer le rose". Plénitude, tout ça.
Tout bien considéré, je lui donne finalement raison. Car le rose, pour l'instant, m'interroge. Où va le rose? Je décide désormais de le porter à mon poignet parce qu'en effet, il me questionne autant qu'il me rassure.