2012
Nan, pas encore Pompidou? Hein? Ben si! Nan, allez! Si si si.
Bon.
Le musée n'accorde à la presse que deux emplacements, deux spots, pour prise de vue. Le premier, symbolique de l'expo, regroupe des douilles d'obus travaillées par les poilus au fond des tranchées.
Angoissant. Mais ce qui m'inquiète le plus est juste à 2 mètres; cette magnifique œuvre intitulée "princesse x" et qui, on va arrêter de se mentir, représente clairement un sexe masculin. Tous les photographes se passent bien sûr le mot pour saisir notre VIP, féminine et jeune de surcroît, devant, à côté, à proximité, pas loin, de cette bite dorée. Ceci dit, cela reste un challenge privé, dans la mesure où il ne sera guère possible d'exploiter médiatiquement cette prise de vue. Ça donne tout de même le ton de cette visite. On glousse un peu.
Ça fait toujours ça, le cul, quand on est plus de deux.
Nous laissons la délégation poursuivre sa visite et emmenons les journalistes au point de rendez-vous suivant, devant le plus grand Picasso connu. Et on attend. Patiemment. Plus je regarde cette œuvre, moins elle me plaît. Certes, c'est entendu, c'est très grand. Mais mon sens de l'esthétique n'y trouve pas son compte.
Un groupe d' handicapés vieillissants s'approche lentement de nous. Ils sont presque tous en fauteuil roulant et viennent se planter devant l’œuvre "Parade", qui visiblement ne provoque pas grand-chose chez eux. Quoi que. Bruit de flatulence, odeur pestilentielle immédiate... Ces fauteuils roulants ont donc une option "chaise trouée". Mon Dieu, quelle horreur. Une célèbre plume lorraine lance: "je suis d'accord, il est à chier ce Picasso". Énorme éclat de rire stressé.
Ça fait toujours ça, le cul, quand on est plus de deux.