2010
Chaque année, nous avions notre rendez-vous spécial, notre petit moment différent. Big boss, sa femme et moi allions passer une soirée au festival Nancy Jazz Pulsation. Mes amitiés faisaient que nous nous installions sur scène mais bien cachés, à la régie retour, voyant d'un autre œil la presta scénique.
Au-delà d'une première fois, où un groupe sénégalais appelait solennellement à une révolution contre le processus d'intégration et d'accueil des populations étrangères en France, mettant un chouillat dans l'embarras le chef, se demandant s'il ne convenait pas de s'échapper tranquillement mais sûrement (mais il restait néanmoins, trop content de pouvoir ensuite applaudir la petite Camille qui lui plaisait bien), la dernière fois constitue un drôle de souvenir.
Nous admirions Sharon Jones & The Dap Kings, littéralement fascinés par sa force, son énergie et sa chaleur. On en remuait même dans notre petit coin derrière le rideau noir. Elle était magnifique, tout en partage et en émotion... à tel point que notant notre enthousiasme du coin de l’œil, elle interrompt son show pour venir chercher big boss, afin qu'il vienne danser avec elle sur scène "yeah, come on, come on".
L'intégralité de ce concert était retransmise en direct sur Arte.
Et son épouse de crier, pleine d'espoir: "oh, oui, vas-y, vas-y donc, ça passe à la télé, comme ça demain tu es viré et enfin on retourne à Paris, maison, Paris, oui!".
On ne soupçonne finalement pas à sa juste valeur le traumatisme de l'expatriation des compagnes de hauts-fonctionnaires.