mercredi 29 février 2012

Verbatim(mortel) bis

2012

La dame, contente d'elle, en attente de reconnaissance aussi, lance: 
- "Vraiment cette commission intergouvernementale a brillamment travaillé, hein, non, hein, M. le ...?"
Big boss, toujours prêt à remballer lorsqu'on cherche auprès de lui un regard sympathique:
- "Sans vouloir être chagrin, je trouve que pour prendre acte qu'on va faire un groupe de travail, il ne faut pas être violemment ambitieux".
Paf.

jeudi 16 février 2012

Le mieux est l'ennemi du bien

2012

Comment présenter le web 2.0, les avantages professionnels de la com publique sur les réseaux sociaux et l'intérêt pour l'Etat d'en être, à une belle assemblée de tout plein de big boss, au niveau 0 de connaissance de l'interactivité et persuadés, tous autant qu'ils sont, que je suis la reine des geeks en personne? 

Se servir fièrement, en mode autosatisfaction, de son propre compte Facebook pour montrer comment ça marche et le projeter sur 4m², devant ce public médusé. Et constater, cramoisie, que c'est le jour où, sur sa propre page, une amie s'amuse des mérites des masques "anti-soif de Clarins" idéal pour les soifardes, où une charmante annonce d'une vendeuse de sex-toys à domicile vante quant à elle l'efficacité de ses meilleurs produits, où Iron Maiden hurle "the number of the beast" sur un post de fans, où un statut d'extrême gauche insulte la République.....

Une vanité est aussi une composition allégorique qui suggère que l'existence terrestre est précaire.

lundi 13 février 2012

Un p'tit tour et puis s'en vont

2010

Chaque année, nous avions notre rendez-vous spécial, notre petit moment différent. Big boss, sa femme et moi allions passer une soirée au festival Nancy Jazz Pulsation. Mes amitiés faisaient que nous nous installions sur scène mais bien cachés, à la régie retour, voyant d'un autre œil la presta scénique.

Au-delà d'une première fois, où un groupe sénégalais appelait solennellement à une révolution contre le processus d'intégration et d'accueil des populations étrangères en France, mettant un chouillat dans l'embarras le chef, se demandant s'il ne convenait pas de s'échapper tranquillement mais sûrement (mais il restait néanmoins, trop content de pouvoir ensuite applaudir la petite Camille qui lui plaisait bien), la dernière fois constitue un drôle de souvenir.

Nous admirions Sharon Jones & The Dap Kings, littéralement fascinés par sa force, son énergie et sa chaleur. On en remuait même dans notre petit coin derrière le rideau noir. Elle était magnifique, tout en partage et en émotion... à tel point que notant notre enthousiasme du coin de l’œil, elle interrompt son show pour venir chercher big boss, afin qu'il vienne danser avec elle sur scène "yeah, come on, come on".
L'intégralité de ce concert était retransmise en direct sur Arte.
Et son épouse de crier, pleine d'espoir: "oh, oui, vas-y, vas-y donc, ça passe à la télé, comme ça demain tu es viré et enfin on retourne à Paris, maison, Paris, oui!". 
On ne soupçonne finalement pas à sa juste valeur le traumatisme de l'expatriation des compagnes de hauts-fonctionnaires.

jeudi 9 février 2012

Le renoncement est-il l'héroïsme de la médiocrité?

2012

Un jour viendra où foutre les pieds dans le bureau de Schuman me sera insupportable, où recevoir l'haleine whiskysée d'un député à 9h30 me fera vomir, où grelotter pour la millième fois dans le hall du Centre Pompidou sera au-dessus de mes forces, où je ne trouverai plus bêtement jouissif de mettre le gyro en route, où me faire piétiner par une élue pressée d'être sur la photo entrainera des envies irrépressibles de meurtre, où constater qu'un ministre porte des chaussettes de couleurs différentes ne me fera plus marrer, où le bon goût de la Moselle Est me collera de l'exéma, où communiquer sur la nécessité de mettre un bonnet par grand froid ne déclenchera plus mes fous rires, où trouver une manière de me convaincre que tout ça sert le territoire sera impossible. Bref, un jour viendra où l'humour ne sauvera pas tout. Et je n'attends pas ce moment-là avec impatience. Oui, je le redoute.

Tout fout l'camp

2012

Cette conversation téléphonique, que la curiosité m'a fait écouter d'une oreille discrète mais attentive, me semble révélatrice:
L'attaché de presse:
- J'en ai marre, ça fait la vingtième tribune au moins que je vous fais parvenir de mon ministre et toujours rien. Mince, je m'adresse au Figaro, tout de même. Je ne peux pas croire au boycott!
La journaliste du Figaro:
- Au boycott non, à l'alternance: oui.

lundi 6 février 2012

Voyagiste

2012

Il arrive que notre département ait à ce point du succès que nous cumulions deux visites dans la même journée. Ça reste parfaitement faisable. Néanmoins, lorsque les deux personnalités arrivent à la même heure, par le même train, il faudrait songer à piquer aux tour-opérateurs quelques bonnes pratiques qui diminueraient notablement les erreurs. Oui, la prochaine fois, on sortira un parapluie rouge pour la visite de la délégation de monsieur tructruc et un bleu pour celle de madame machinbudule. Ça évitera, dans le cortège, à quelques centaines de mètres d'un EHPAD* à Cuvry, de s'entendre dire "c'est bizarre, je ne le voyais pas comme ça, le Centre Pompidou"....



*établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes