lundi 15 octobre 2012

Dame pipi

2012

Ce réveil à 5h10, en mode "vis ma vie de frontalier" pour être debout pendant une heure dans un TER rempli jusqu'au plafond en direction du Luxembourg, aurait pu avoir raison de moi, d'emblée. Mais c'est davantage l'épisode suivant qui restera un bel exemple de petite mort.

L'ambassadeur: "M. le ...., entrez dans la salle avec votre stagiaire ENA, oui, c'est important de former les jeunes générations, magnifique. Mais, heu, vous là-bas, oui, vous, l'attachée de presse, vous resterez dehors".

Voilà ce qu'il a fallu encaisser, à peine arrivée dans notre premier ministère à visiter aujourd'hui.
Je me retrouve sur une petite chaise, devant une petite machine à café où les 30 c présents dans mon porte-monnaie ne me permettent d'accéder à rien du tout, dans un petit coin devant la petite porte des petits coins où se rendent quantité de messieurs, ayant sans doute pris leur café du matin plutôt comme un lavement.

Grande prise de conscience donc de la petitesse de ma personne.....

jeudi 4 octobre 2012

« Cherchez le ridicule en tout, vous le trouverez.»

Notre territoire, fait de complexité et de diversité, accueille aussi bien un ministre qui annonce la fermeture de hauts fourneaux qu'une qui inaugure un nouveau théâtre et c'est heureux. Parce que sinon, ça nous ficherait sacrément le bourdon.
Au cœur d'un drame social, dont nous vivons au moins le 6ème acte, une reco théâtrale se profile donc au milieu d'ouvriers affairés, de laveurs de vitres, de techniciens et autres employés concentrés sur leur tâche: ça fait du bien.
Monsieur protocole décline le programme:
"- Là, on dévoile le programme affiché en grand, à l'extérieur! C'est beau, hein?
- Magnifique, dis-je. Méfiez-vous néanmoins, un drap de cette ampleur, c'est toujours un chouillat pénible à découvrir".
Le jour J, bien sûr, ça merde.
"- Là, la ministre montera sur scène avec Bruno Gaccio.
- Ah bon" dis-je. Notant intérieurement: "tiens, nous aurions donc une star locale homonyme du Monsieur Guignols de Canal. Amusant".

Comme prévu, le jeudi: on ferme, le vendredi: on ouvre. Petit tour d'horizon avant que la ministre ne pose ses jolies Repetto sur la moquette fraîchement rouge. Hop, drap dehors, plaque dedans, scène.... sur laquelle se présente à moi une tête célèbre et souriante: "Bonjour. Bruno Gaccio". Ah ben, flûte, c'était le vrai. 

Je me sens aussi ridicule que ce drap qui ne tombe pas.

 Il convient alors de se répéter en boucle: "la naïveté est une façon de vivre intelligemment le présent"