vendredi 28 octobre 2011

Le tabouret

2006

Je n'exerçais ce métier que depuis 15 jours lorsque l'annonce de la visite du premier d'entre eux tombe. Ça ne va pas être facile. Je ne sais pas très bien à quoi je sers mais rien ne vaut la formation sur le tas.

La visite s'organise et je constate tout d'abord qu'il faut 5 heures à France Telecom pour installer 25 connexions internet dans un lieu improbable alors qu'il m'a fallu 10 jours pour en avoir une seule dans mon salon. Bon.
Plusieurs sauts de puce sont au programme avec en point d'orgue la découverte d'un établissement scolaire.
Une interview en direct pour France 3 est prévue à midi pile. A 11h30, un petit bonhomme s'approche de moi, se présente comme l'intervieweur. 1m70 au garrot, la voix chochottante et spécialiste des sports. Un choix évidemment pertinent.
- "chinon, che me demandais, parche que je suis beaucoup plus petit que lui, hein, à l'image cha va pas être terrible, chi vous auriez un petit tabouret, pour que che monte dechus pour faire l'interview?
- pardon? Un tabouret? Heu... à vrai dire non. 
- ah minche. Ben, che vais essayer de trouver quelque chose."
Il s'anime, se remue, cherche, interroge, panique un peu. 11h45 il revient vers moi.
-" chest bon, chai trouvé un petit talus dehors. Che me mettrai en haut, lui en bas. Cha ira très bien.
- je ne suis pas sûre. Avez-vous simplement pensé au dévers? "
Pas de réponse, il galope vers le maquillage. 
11h55 je lui amène la personnalité qui sans mentir fait plus d'une tête de plus que moi, donc au moins deux de plus que lui. En pleine nature, à l'arrière du bâtiment scolaire, un terrain vague et bosselé servira donc de lieu d'entretien. Le fait que l'image ne caractérise en rien la thématique du déplacement ne semble froisser personne. Et notre petit bonhomme monte en haut de son talus, tout fier, tend le micro à l'horizontal et se rend compte à 11h58 que: bras trop court. Il se penche, prend le risque évident de la chute, tire le cou, descend forcément un peu la pente. 4, 3, 2.. antenne.
-"bonchour Monsieur le...., alors?"
Parce que dans tout ça, forcément, le contenu n'a pas été préparé une seule seconde. Ne reste en réserve que la terrible question journalistique: "alors?".
En bon petit soldat, le monsieur déroule son truc, feint d'ignorer qu'il est à deux doigts de se prendre sur le bout du nez dans un premier temps un micro et immédiatement après un journaliste à l'équilibre fragile, parle, parle, sans prêter attention à ce vent qui lui fait une mèche rebelle et verticale.
-"merchi Monsieur le....".
C'est terminé, on embraye sur le reste du déplacement. 
"Che chuis très très content. Cha chest bien paché, non?"

jeudi 27 octobre 2011

C'est pas une bonne idée!

2010

Chaque matin, nous le voyons consulter son horoscope, le commenter, saisir un autre périodique pour identifier ce qui se recoupe ou non. Conclusion, sa date d'anniversaire nous est parfaitement connue. Et rituellement, le jour J, nous lui lançons, si d'aventure nous le croisons, un discret mais sincère "joyeux anniversaire". Et voilà tout. C'est tout de même le super big boss!
Jusqu'au jour funeste où la chef décide que nous n'allons pas en rester là, parce qu'il le vaut bien, et suggère non seulement un cadeau commun, mais aussi une petite fête secrète avec en prime un beau gâteau. Nos réactions mitigées ne freinent malheureusement pas son enthousiasme qui devient rapidement hystérie. Ho oui, que ça va être bien. Pas une seconde, l'aspect parfaitement déplacé de l'affaire ne lui saute aux yeux ou à la jugeote.
C'est ainsi qu'une dizaine de personnes dont moi, conscientes de participer malgré elles à un fiasco annoncé, se retrouvent dans une salle de réunion dont les institutions ont le secret: tables brunes, chaises noires, moquette tâchée et/ou marron, photo au mur d'un illustre prédécesseur que l'histoire a heureusement oublié... Un morceau de nappe blanche en papier pour recueillir le gâteau pour 50 convives. De beaux ouvrages empaquetés.
"Allez, j’éteins la lumière, je vais le chercher, je lui fais croire à un truc et quand j'ouvre la porte, tout le monde chante, hein, hop c'est parti. Qu'est-ce que ça va être chouette!".
Dans l'obscurité, les regards inquiets sont néanmoins visibles. On se dandine d'un pied sur l'autre. On prend conscience que le ridicule est au bout du chemin. On prend surtout peur.
Pas bruyants dans le couloir, cette fois-ci, c'est bon, on est foutu. La porte s'ouvre et nous murmurons un timide "joyeux anniversaire".
"- mais qu'est-ce que c'est? ah, ben merci." Il est gêné. Nous aussi. Pas elle.
Comme par magie, elle sort une clarinette et entonne un approximatif chant d'anniversaire... tellement approximatif qu'elle renonce en cours de route et transforme le tout. Les notes du célèbre "il est vraiment, il est vraiment, il est vraiment phénoménal, tralalèreuuuuuuuuuuuuu" sortent, nous chosifiant à tout jamais.

Il tente un sourire. La politesse, un art subtil de la bienséance, une compréhension instinctive des choses le poussent à se diriger au plus vite vers le gâteau pour le couper. Qu'on en finisse!
15 minutes plus tard, l'espace est libéré, ne restent plus que le souvenir d'un malaise collectif et un gâteau seulement amputé d'un malheureux dixième.

Dans l'après-midi, nous parvient un mail dont la teneur est à peu près la suivante: pour cette belle idée les présents le gâteau tout ça, vous me devez 20 € par personne, merci de déposer vos chèques à mon secrétariat. 

Comme dirait chéri: rien ne vaut une bonne humiliation suivie d'une perte d'argent.

mercredi 26 octobre 2011

Arrêtons les blagues

2011

Une belle journée pour aller en "reco", comme on dit (en "reconnaissance", comme on ne dit jamais). Bon d'accord, c'est la cinquième fois que je vois la Chapelle, la douzième que je constate incrédule qu'il existe des archis qui ont trouvé pertinent de faire une salle des fêtes au 2ème étage sans ascenseur, pour que les intermittents qui portent à l'os le matos soient parfaitement rentabilisés, je suppose. Mais tant pis, le soleil est là et je sais bien qu'il va y avoir moyen de rire un peu. Et rapidement, je ne suis pas déçue.
Ne serait-ce qu'à la traversée du marché hebdomadaire, qui m'éclaire bien sur les pratiques vestimentaires locales; il y a un lien évident! Moi qui m'interrogeais encore récemment sur "mais où peut-on encore trouver des culottes de 30 cm de hauteur et des pulls jacquard", j'ai enfin des éléments de réponse.
Bref, nous nous dirigeons vers la crèche prochainement inaugurée. Belle installation, enfants souriants, très bien, personnel photogénique, impec. Cool, ça va être vite réglé, cette affaire.
-" et sous ce préau, je propose la prise de parole. C'est parfait car à la fois à l'abri et permettant d'avoir en arrière-plan les jeux d'extérieur des enfants. C'est très bien, il ne me reste plus qu'à vous remer.....
- alors, en fait, le député-maire songeait à toute autre chose pour la prise de parole.
- je ne vois pas bien ce que l'on pourrait faire de mieux, mais dites toujours.
- dans le cercle de garnison militaire qui est à 300 m d'ici.
- pardonnez-moi mais votre plan est de visiter la crèche puis de faire les discours d'inauguration de celle-ci dans une enceinte militaire, c'est bien cela?
- ben, y a plus de place, on a invité 400 personnes".
Forcément.

Découverte d'une sorte de bâtiment vaguement désaffecté et complètement glauquissime, à 500 bons mètres de là, avec des équipes municipales à pied d'oeuvre pour disposer harmonieusement ce que jardiland fait de mieux: les ficus.
Carrelage marron et murs kaki. C'est bien simple, il me prend l'envie de remercier, front contre le sol, Chirac d'avoir stoppé le service militaire.

- "non, mais c'est pas possible. Mille excuses, mais vous notez bien, tout seul, l'inadéquation entre ce lieu et le sujet qui est l'accueil, l'accompagnement, le chouchoutage de la petite enfance, hein, oui, hein!
- bon, je vais l'annoncer au député-maire.
- faites donc cela".

J+3, les enfants gazouillent, la personnalité aussi, même les plus durs des journalistes finissent par jouer avec les cubes, d'aucun sortant même le mouchoir pour essuyer cette grosse larme, là, c'est mieux, c'était rien tu vois.

Je guide la troupe vers le préau, où, mais comment ça, ben y a rien.... pas l'ombre d'un micro, d'une tribune, d'un bout de drapeau, que dalle, nada.
Et notre élu local qui claironne:
-" allons tous à la garnison"...
Perte en ligne de journalistes qui préfèrent rester interroger les nounous et regard noir du cabinet ministériel. 
Et pour des raisons encore mystérieuses, je murmure "et encore, c'est rien, vous n'avez pas vu le groupe tyrolien prévu à l'issue". 
Panique totale au cab persuadé que je dis vrai, conciliabule express pendant que la foule m'emporte et que je n'ai pas le temps de glisser "c'est pour de faux". Mine déconfite de la personnalité. Chef stoïque mais à l'oeil prometteur. Au secours.
Je finis par réussir à pianoter un sms "non, c'était une blague"....Peut-être celle de trop...

mardi 25 octobre 2011

Solitude

2008

Encore une fois, le risque de 13 personnes à table me permet de dîner dans les hautes sphères (l'autre cas de figure étant: on fait un dîner de gauche, mais on connaît pas assez de gens comme ça, qui pourrait-on ajouter?).
Placée face à la radieuse maîtresse de ces lieux, je sais très bien qu'il me faudra à coups sûrs terminer quelques unes de ses phrases. J'attends patiemment que le sort s'acharne. Il convenait déjà de réussir à embrayer après ce succulent:
- "mais en Yougoslavie, Tito voulait la cogestion comme de Gaulle en fait? c'est bizarre non?
- oui, enfin, Tito parlait d'autogestion et de Gaulle de l'Algérie...
- bof, c'est presque pareil, non?".

C'est avec cette belle hardiesse et une telle bonne humeur qu'elle entonne ces répliques qu'aucun sourire moqueur ne pointe le bout de son nez. Ce qui remplit mon petit coeur de joie, parce que je l'aime bien cette femme, dont la jeunesse éternelle tient dans sa capacité à verbaliser, en toute circonstance, tout ce qui lui passe par la tête.

- " Vous connaissez Maastricht, non?
- un peu, quelques endroits précis, à vrai dire....
- vous savez, c'est chouette, c'est super, y a un grand rassemblement, vous voyez, aidez-moi!
- c'est-à-dire, non, je ne suis pas sûre de voir...
- mais si, c'est très connu, avec plein de choses, de belles choses, enfin, dites-le nous!
- non, vraiment désolée...
- enfin, vous qui allez souvent à Masstricht, c'est certainement pour ça. Allez, trouvez-donc!
- oui, hof, souvent, c'est beaucoup dire... (13 paires d'yeux me fixent intensément)
- parce que si vous n'allez pas là, je me demande bien ce que vous y faites!
- ....
- ha oui, c'est la foire aux objets d'art, ça me revient. C'est fantastique non?".

Mince, première épreuve loupée. Peine immédiate: 13 personnes (moins notre hôtesse) me prennent pour une grosse fumeuse d'herbe ou pire encore la dealeuse la plus recherchée du département, se planquant là où personne ne songe à regarder.

Heureusement, la seconde épreuve est plus dans mes cordes.
- "Mais si, vous savez, j'avais prévu des petites choses (nan pas le mot chose, hou que c'est mauvais signe!).
- oui?
- pour les enfants
- ha?
- vous savez, ça fait krip krip krip dans la bouche (voilà, donc ça se mange, premier indice)
- et?
- comment ça s'appelle déjà?
- heu... des chips?
- (sourire magnifique) oui c'est ça!"

Victoire.

lundi 24 octobre 2011

Une menace de démission ....

2011

Après 1h40 de route, la voilà enfin parvenue à destination, aux frontières de la France, où les anglophones croient à l'insulte. Chercher la salle, interroger les passants, ne pas comprendre leurs réponses et enfin trouver le lieu.

"- Bien le bonjour! Oui, nous venons voir l'aménagement prévu pour l'arrivée de Monsieur Machin.
- Hé ben, vous y êtes ma petite dame. Ja. Ce sera dans cette salle.
- Très bien, mais je ne comprends pas, vous l'avez déjà préparée pour une fête, ou quelque chose comme ça?
- Ah, vous parlez de la scène?
- C'est ça, je parle des marcassins en bois et des sapins récemment coupés, là, quoi, hein?
- Attendez, parce qu'en coulisse, j'ai aussi la maman sanglier et un faux tas de bois. Pis pour la tribune, j'ai prévu quelque chose dans le ton: toile de jute avec des feuilles mortes agrafées! Et vous voyez, les sapins, ça fait comme un paysage de chez nous!
- Oui, oui, mais je ne comprends pas, Monsieur Machin arrive samedi et nous sommes jeudi. C'est pour une soirée ou une fête qui aura lieu ce soir ou demain?
- Nan, j'ai fait tout ça pour lui!"

Chasse au trésor

2009

Une belle douceur estivale accompagne nos pas en Moselle-est et heureusement car il faut avoir le cœur léger pour cette nouvelle quête. Retrouver la nounou amish d'un ministre.
Ce métier est plein de surprises savoureuses: retrouver une nounou amish, sans le moindre nom mais juste une indication de territoire, voici le nouveau défi.
Et nous voilà fièrement partis, en cortège de 5 bagnoles, en toute discrétion donc, pour arpenter la campagne. Parce qu'on ne la visualisait pas au dernier étage d'un HLM, je sais pas pourquoi. Si, car à tous revenaient en mémoire les souvenirs d'Harrison Ford et de son witness. Nous cherchions en quelques sortes un écomusée, avec carriole tirée par des chevaux robustes, jardins bien rangés, hommes aux pantalons trop courts et femmes girondes se lavant en nuisette dans la pénombre.
Gyro et bagnoles hurlantes, nous pénétrons dans la cour d'une ferme isolée et descendons comme des furies, car le défi se joue en temps limité. Imaginez la vision endurée par un pauvre bonhomme qui tire les rideaux de sa fenêtre, éberlué puis sort timidement. Il est vieux.
"Bonjour monsieur. Êtes-vous amish?". .... "Ben non".... "Merci, au revoir monsieur". Hop, on remonte dans les caisses, laissant derrière nous poussière et paysan au bord de l'apoplexie, qui longtemps encore se demandera si cet épisode a réellement eu lieu.
Et courageusement, nous multiplions les tentatives, jusqu'à une ferme immonde et puante, où poser un pied par terre tient de l'aventure. Suffit donc de crier par la portière. Une vieille femme, grisonnante y compris de peau, se dirige vers nous. "Madame, bonjour, êtes-vous amish?", "Ja". Bingo.
Au même moment, plusieurs téléphones dans différentes voitures sonnent à tout rompre. 2 morts sur un site seveso.
Quelques heures plus tard, nous apprenons que le "ministre à l'amish" ne viendra finalement pas, sa visite risquant de passer inaperçue au milieu des décombres de la chimie mosellane.

Et chaque année, c'est le même binz.

2011

Grand raout et déjeuner collectif obligatoire, durant lequel je fais singulièrement tomber la moyenne d'âge. Ma tablée, fidèle à l'an passé: 100% à droite. Mon voisin de gauche, mais très à droite tout de même, me confie tout son intérêt pour Pasqua et son œuvre. Feu le député-maire d'une très importante ville mosellane me tenait le même discours il y a quelques années déjà. Si d'aventure c'est ma simple rencontre qui donne envie de parler de Pasqua, je songe à une vie d’anachorète, dans ce cas....
Mais bon, il me dit que j'ai des yeux magnifiques. Moi, j'arrive à peine à discerner les siens, bouffis.
Il sort de sa poche de pantalon, après mille et une manoeuvres compliquées et douloureuses, un "cestquoidonc", un objet jusqu'alors inconnu: l'accroche serviette de table, et attention mademoiselle, en argent massif, et toc!
C'est une sorte de chainette se terminant à chaque extrémité par une pince crocodile. On secoue la jolie serviette de table brodée délicatement posée sur son assiette et zou on accroche les deux coins supérieurs aux pinces, la chainette passant autour de la nuque et le tour est joué.
Bon, en même temps, la taille de la serviette n'est pas à la hauteur de ses espérances ou de ses habitudes et ainsi placée sous son énorme menton, elle semble minuscule et surtout horizontale sur un ventre gargantuesque. Déception.
Cette image sera longtemps pour moi comme un symbole inexorable de la fin programmée des conseillers généraux.

Fête des voisins

Après quelques mois dans notre nouvelle maison, nous découvrons avec joie dans notre boîte aux lettres un petit papillon d'invitation à une "soirée des voisins pour les nouveaux et les anciens ". C'est chouette, en plus ça rime. Le jour J, tout guillerets, nous faisons un détour par le magasin Picard, pour acheter un joli pain-surprise à emmener chez les gentils voisins qui nous avaient invités. La surprise de ce pain, c'est surtout qu'il constitue la seule alimentation prévue. Quinze personnes, quatre chaises, des verres à moutarde, une bouteille de champagne.... et notre pain...

Jusqu'à ce qu'arrive un autre couple, avec une bouteille dans les bras (alléluia, soyez les bienvenus)... mais notre hôte annonce "on ne va pas ouvrir les deux, tout de même"!
C'est incroyable ce que la bienséance oblige à faire: chacun soutient
1- qu'il y a assez de chaises (???)
2- qu'en effet, on n'ouvrira qu'une bouteille, c'est bien suffisant
3- que les verres, c'est pas grave.

Arrivés à 19h30. Figés jusqu'à 20h. A 20h01 premiers regards d'un chéri interloqué, puis suppliant.
Bref, le diacre (hé oui, je ne l'ai su qu'après) qui nous conviait est le champion du monde des banalités. C'est une véritable usine, ce gars. Tout y passe: vitesse de circulation, explosion de l'immobilier...
Les sourires sont mièvres à souhait. Les gens se présentent par leur numéro dans la rue (« non, je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ! »).
Et à jamais, je garderai le souvenir consterné de ce monsieur, en bermuda sport, chaussures de ville + chaussettes, chemises "à flammes" (certainement trouvée sur le marché de Woippy) ouverte sur un t-shit comportant cette mystérieuse inscription: "j'ai fait le jogging des notaires".
Cela ne semblait pas signifier : "trouver un bon notaire est une telle galère qu'il faut courir longtemps", attention à ne pas se méprendre. Ce monsieur, tout de go, annonce que sa maison lui a coûté environ 500 000 €. Je comprends alors qu'il ne lui reste plus qu'à se vêtir au marché. Il est venu avec sa femme. Je suis presque sûre qu'un jour, sans doute pour faire des économies, ce monsieur a décidé d'épouser sa coiffeuse. C'est elle, elle est là, avec une hauteur de cheveux assez rarement atteinte, défiant impunément les lois de la gravité (et pourtant l'affaire est grave !), façon Marge Simpson mais en noir corbeau! Déroutant.

En tant que parents d'un enfant scolarisé, nous avons jugé qu'il convenait de le coucher ce soir-là, au plus vite. Donc 21h à la maison. Tout le chemin du retour à pied à se dire d'une part que c'était vraiment l'occas de rentrer bourrés et d'autre part à s'empêcher de rire jaune et trop fort! Ça résonne dans cette rue. Mais à savoir si ça raisonne... rien n'est moins sûr.