2012
Un jour viendra où foutre les pieds dans le bureau de Schuman me sera insupportable, où recevoir l'haleine whiskysée d'un député à 9h30 me fera vomir, où grelotter pour la millième fois dans le hall du Centre Pompidou sera au-dessus de mes forces, où je ne trouverai plus bêtement jouissif de mettre le gyro en route, où me faire piétiner par une élue pressée d'être sur la photo entrainera des envies irrépressibles de meurtre, où constater qu'un ministre porte des chaussettes de couleurs différentes ne me fera plus marrer, où le bon goût de la Moselle Est me collera de l'exéma, où communiquer sur la nécessité de mettre un bonnet par grand froid ne déclenchera plus mes fous rires, où trouver une manière de me convaincre que tout ça sert le territoire sera impossible. Bref, un jour viendra où l'humour ne sauvera pas tout. Et je n'attends pas ce moment-là avec impatience. Oui, je le redoute.
- un jour, je ne t'aimerai plus.
RépondreSupprimerPhrase assassine, traîtresse aux illusions. Et pourtant. Y compris ceux qui enjolivent la patine du temps pour en masquer la crainte, nous savons tous que rien d'humain n'est éternel. Et puis, l'humain lui-même est volage. Aimer est un verbe qui, dans sa forme sincère, ne se conjugue qu'au présent. Jamais au passé, jamais au futur et jamais au conditionnel.
- un jour, je ne t'aimerai plus.
- moi, c'est déjà fait.