Ouh qu'elle est palichonnne cette nouvelle chef cab amenée dans les bagages de notre VIP "femmes et familles" qui passe un vendredi sur 2 à Metz (l'autre étant passé à Nancy).
Déplacement au pas de course et sous une pluie battante. Entre l'étape 3 et la 4, voire entre la 4 et la 5, la pépette et moi attendons patiemment devant une mairie "amie", quand, d'un coup d'un seul, la voilà qui tourne de l’œil et s'effondre dans une belle flaque d'eau.
Merde. Je la prends dans mes bras, lui tapote les joues et cherche des yeux de l'aide. Les RG qui sont finalement mieux planqués qu'on ne le pense, rappliquent et appellent immédiatement les pompiers.
Quelques minutes plus tard, ces derniers prennent le relais.
"- mademoiselle, alors, ça va mieux?
- oui (timide et lointain)
- bon, mais faut manger vous savez. Vous avez fait une belle chute de tension. Il est 15h, je suis sûr qu'en fait vous avez sauté le repas de midi.
- non
- taratata. Où avez-vous donc mangé?
- chez le préfet..."
La frugalité de l’État peut avoir de ces conséquences...
La VIP déboule, regarde, hautaine, ce bazar, dit simplement: "bon on s'en va" et remonte en voiture. Le cortège nous quitte ainsi, plantant la jeunette hagarde et moi.
Je rappelle que le 25 novembre est la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes.
L'Homme (avec un grand H, aspiré) est accoutumé à recevoir une quantité de nourriture, variable en fonction de sa constitution et de sa condition sociale.
RépondreSupprimerL'Etat (avec un grand E, parce que c'est nous, pas lui) est, en la matière, généreux avec ses grands serviteurs.
Plus ils sont grands, et mieux ils sont nourris. C'est la croissance.
C'est pourquoi la cuisine est plus riche à l'Elysée qu'à Matignon, la chère plus abondante dans les ministères que dans les préfectures.
En conséquence de quoi, il n'est pas surprenant que la petite demoiselle se soit trouvée en carence.
Elle aurait mieux fait de manger à Nancy, qui, à l'époque du moins, faisait exception à la règle.
Pour preuve, vous trouverez encore sur le site internet de la préfecture les meilleures recettes du cuisinier du préfet de la Meurthe et de la Moselle réunies.
D'ailleurs, si le chef est toujours là, le préfet a été viré... après un repas avec une ministre pas végétarienne...
Crime de lèse-majesté.
Mais, après tout, ils sont là pour ça.
On ne va quand même pas leur dédier une journée.
Quoique...
Je m'insurge devant le commentaire précédent!
RépondreSupprimerJe suis le cuisinier dont il est causé.
C'est pas à cause de mon repas que le préfet a été viré.
J'avais préparé des cuisses de grenouille au miel. C'est rare ça, non? Bon, je ne dis pas, j'avais trouvé ça dans un bouquin thaïlandais et puis les grenouilles ont pas la même taille partout. Surtout que dans la recette, faut laisser la tête. Pis comme c'était pas marqué comment on fait tenir directement la tête sur les cuisses, j'avais tout gardé.
Une grenouille par personne en entrée, ça fait pas péter des boyaux, non?
Surtout qu'après, c'était léger. J'avais récupéré de la bidoche de porc dont ils avaient pas voulu, au centre de rétention de Metz. Les ignares. Tout est bon, dans le cochon, surtout les roubignolles, comme dans le taureau quand c'est le matador qui gagne. Quand c'est l'inverse, il y'a moins à manger.
J'avais fait flamber les machins avec de l'armagnac, puis revenir dans de la crème. Un pot retrouvé dans le bureau de la directrice de la réglementation et des libertés publiques. Drôle d'odeur à l'ouverture, mais bon, de la crème, c'est de la crème, et pis bien épaisse avec ça.
Et bien, ils ont aimé puisqu'ils ont pas voulu du dessert. Y'avait sûrement trop.
Alors, qu'on vienne pas me dire que c'est pour ça que le lendemain, la ministre, elle avait le pétrus boutonneux et que le préfet et madame ont du faire leurs valises.
C'est de la diffamie, de l'inflammation, bref c'est pas vrai.