jeudi 17 septembre 2015

“Si on s'apercevait que la terre tourne, les manèges feraient faillite.”


Nos métiers de presse, de com, de cab sont étranges. Fugaces, passionnants, méchants, stimulants... ils nous mangent et l'on aime ça. On se laisse happer une jambe, un bras, tout en pédalant bizarrement toujours plus vite.
Et puis un jour, ça s'arrête. On propose encore un petit morceau de sa main à dévorer, hein, si c'est bon, tiens! Eventuellement, cela nous assure un dernier tour gratuit. Jusqu'à l'arrêt définitif qu'on n'avait pas vu venir, ou pas si tôt.
Fini le tumulte, le brouhaha, fini de pédaler à faire tourner le manège enchanté.
Car nous n'y étions ni le carrosse ni le cheval blanc et encore moins l'hélico. Nous y étions soutiers.
Une personne centrale, oui, au sein de ce manège. Installée sur son pédalier. Bien au centre. A l'endroit qui fait le plus tourner la tête.
Et comme on reste bien élevé, après des jours et des années, à tourner sur soi-même, en pédalant de toutes ses forces pour que le carrousel pivote en rond sous les néons, même lorsqu'il faut vomir, on le fait au creux de sa main.

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