2011
Une belle journée pour aller en "reco", comme on dit (en "reconnaissance", comme on ne dit jamais). Bon d'accord, c'est la cinquième fois que je vois la Chapelle, la douzième que je constate incrédule qu'il existe des archis qui ont trouvé pertinent de faire une salle des fêtes au 2ème étage sans ascenseur, pour que les intermittents qui portent à l'os le matos soient parfaitement rentabilisés, je suppose. Mais tant pis, le soleil est là et je sais bien qu'il va y avoir moyen de rire un peu. Et rapidement, je ne suis pas déçue.
Une belle journée pour aller en "reco", comme on dit (en "reconnaissance", comme on ne dit jamais). Bon d'accord, c'est la cinquième fois que je vois la Chapelle, la douzième que je constate incrédule qu'il existe des archis qui ont trouvé pertinent de faire une salle des fêtes au 2ème étage sans ascenseur, pour que les intermittents qui portent à l'os le matos soient parfaitement rentabilisés, je suppose. Mais tant pis, le soleil est là et je sais bien qu'il va y avoir moyen de rire un peu. Et rapidement, je ne suis pas déçue.
Ne serait-ce qu'à la traversée du marché hebdomadaire, qui m'éclaire bien sur les pratiques vestimentaires locales; il y a un lien évident! Moi qui m'interrogeais encore récemment sur "mais où peut-on encore trouver des culottes de 30 cm de hauteur et des pulls jacquard", j'ai enfin des éléments de réponse.
Bref, nous nous dirigeons vers la crèche prochainement inaugurée. Belle installation, enfants souriants, très bien, personnel photogénique, impec. Cool, ça va être vite réglé, cette affaire.
-" et sous ce préau, je propose la prise de parole. C'est parfait car à la fois à l'abri et permettant d'avoir en arrière-plan les jeux d'extérieur des enfants. C'est très bien, il ne me reste plus qu'à vous remer.....
- alors, en fait, le député-maire songeait à toute autre chose pour la prise de parole.
- je ne vois pas bien ce que l'on pourrait faire de mieux, mais dites toujours.
- dans le cercle de garnison militaire qui est à 300 m d'ici.
- pardonnez-moi mais votre plan est de visiter la crèche puis de faire les discours d'inauguration de celle-ci dans une enceinte militaire, c'est bien cela?
- ben, y a plus de place, on a invité 400 personnes".
Forcément.
Découverte d'une sorte de bâtiment vaguement désaffecté et complètement glauquissime, à 500 bons mètres de là, avec des équipes municipales à pied d'oeuvre pour disposer harmonieusement ce que jardiland fait de mieux: les ficus.
Carrelage marron et murs kaki. C'est bien simple, il me prend l'envie de remercier, front contre le sol, Chirac d'avoir stoppé le service militaire.
- "non, mais c'est pas possible. Mille excuses, mais vous notez bien, tout seul, l'inadéquation entre ce lieu et le sujet qui est l'accueil, l'accompagnement, le chouchoutage de la petite enfance, hein, oui, hein!
- bon, je vais l'annoncer au député-maire.
- faites donc cela".
J+3, les enfants gazouillent, la personnalité aussi, même les plus durs des journalistes finissent par jouer avec les cubes, d'aucun sortant même le mouchoir pour essuyer cette grosse larme, là, c'est mieux, c'était rien tu vois.
Je guide la troupe vers le préau, où, mais comment ça, ben y a rien.... pas l'ombre d'un micro, d'une tribune, d'un bout de drapeau, que dalle, nada.
Et notre élu local qui claironne:
-" allons tous à la garnison"...
Perte en ligne de journalistes qui préfèrent rester interroger les nounous et regard noir du cabinet ministériel.
Et pour des raisons encore mystérieuses, je murmure "et encore, c'est rien, vous n'avez pas vu le groupe tyrolien prévu à l'issue".
Panique totale au cab persuadé que je dis vrai, conciliabule express pendant que la foule m'emporte et que je n'ai pas le temps de glisser "c'est pour de faux". Mine déconfite de la personnalité. Chef stoïque mais à l'oeil prometteur. Au secours.
Je finis par réussir à pianoter un sms "non, c'était une blague"....Peut-être celle de trop...
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