mercredi 27 juin 2012

« La fumée est la vieillesse du feu. »

 2011

On en sait jamais très bien de quoi une journée va être faite. On se prépare, on s'habille, on choisit de mettre ces jolies petites ballerines du plus bel effet, celles-là. Ouh, oui c'te classe. Et arrivée au bureau, on apprend qu'un immeuble hébergeant quelque 500 personnes a pris feu au petit matin.
Big boss pense qu'il faut se rendre sur place. Je suis d'accord, allez, c'est bon, on file.
C'est comme pénétrer dans un jeu vidéo apocalyptique. Il n'y a plus d'électricité, nous suivons au radar un pompier qui nous montre l'étendue des dégâts. Nous pataugeons, l'odeur est acre et tenace. Nous montons à tâtons dans les étages. Les lampes-torche nous éblouissent. La suie s’imprègne immédiatement. Il faut enjamber des choses cassées, des choses brûlées, des flaques. Que de flotte noircie! La visite de quelques appartements est une épreuve, tant les dommages sont impressionnants.
Dehors, de nombreux habitants, hagards, attendent le verdict, le redoutent.
Big boss s'exprime: personne ne retournera ici.
Moi, trempée, puante, choquée, je donnerais des milliers de ballerines pour que rien ne soit arrivé.

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