2012
On fantasme beaucoup sur les RG. Enfin moi. Enfin avant. J'imaginais quelque chose entre Graham Greene et John Le Carré. Un truc inquiétant et donc séduisant. Un peu secret. Bref des sortes de "frangins" mais en sportifs et qui seraient nés après le "SAC" de de Gaulle, bien sûr.
Bon, la force de l'expérience désormais a brisé la légende et pas qu'un peu.
Première rencontre historique il y a 10 ans, avec une cheffe de RG qui lors d'une soirée, un peu bourrée, se lance dans une histoire drôle "alors c'est Ping, un chinois quoi, John un américain, et... mince y s'appellent comment les Noirs déjà... mais si vous savez? Les Noirs, y s'appellent toujours pareil. Traoré quoi ou un truc dans le genre nan?".... je n'ai pas jugé nécessaire d'écouter la suite.
Deuxième rencontre avec un autre chef: "car voyez-vous Mademoiselle j'ai une magnifique collection à vous présenter, de très très beaux jouets joujoux jeux, de tous les âges, de tous les styles et pays. Ça prend 4 pièces de ma maison. Quand pourriez-vous venir voir ça?".
Le suivant: "tu sais, faut avoir l'air d'un gros con pour ne pas se faire repérer, c'est pour ça que je suis toujours en mocassins et bermuda, comme tout le monde" disait-il en vérifiant l'emplacement de son holster terriblement discret.
Le dernier, un fan de littérature, brillant et cultivé, sur le papier, souffrait malheureusement sans doute d'une grave pathologie qui nécessitait qu'il se grattât les attributs environ toutes les 2 à 3 minutes. Ça en devenait presque un signe de ponctuation dans les conversations.
Au-delà de posséder une hygiène buccodentaire aléatoire, il semblait chaque jour s'être endormi la veille sur son canap, à l'arrache, avec les mêmes fringues....
"L'espionnage serait peut-être tolérable s'il pouvait être exercé par d'honnêtes gens", nous rappelle Montesquieu....
Et pan sur le bec du barbouze !
RépondreSupprimerOui, mais voilà : barbouze il n'est point ! Le "RG", tel qu'on l'entend, est devenu "informations générales", quand la sécurité du territoire (un peu plus barbouze) devenait "renseignement intérieur" ... Fastoche !
Le "RG" (continuons à l'appeler ainsi) s'intéresse à nos petits travers quotidiens : quel nom figure sur le bulletin que je mets dans l'urne ?
Contre quelle mesure gouvernementale vais-je aller manifester sous la flotte et sous quelle bannière ?
Qu'a raconté cet élu lors de cette réunion publique ? ...avant d'emballer son attachée parlementaire sur la banquette arrière de la 607... Si, si, ça c'est de l'info qui plaît en haut lieu ...
Le "DST" (ou RI), ce n'est pas le même profil. Il est plus feutré, plus félin ... plus discret. Il veille à ce qu'on prenne pas une bombe sur la gueule à la sortie du métro, et à ce qu'on ne nous pique pas les secrets industriels des produits qu'on fait fabriquer en Chine. Le public n'est pas le même ...
Il se gratte les choses, mais de manière moins ostentatoire.
Ceci étant, ce geste n'a rien d'anodin. Il est appris, convenu. C'est un signe d'appartenance au milieu du renseignement. Il est directement lié à l’emblème phallique et donc à ce qu'il représente de force et de hiérarchie.
S'en assurer, c'est se rassurer.
Comme les francs-maçons ont une manière particulière de se serrer la main pour se reconnaitre, les policiers du renseignement se tripotent les pompons pour se signaler les uns aux autres.
Ils sont assez drôles à observer, surtout quand ils sont aussi francs-maçons.