jeudi 3 novembre 2011

Decathlon, à fond la forme!

2011

On va pas s'mentir, l'Elysée, j'y vais pas non plus comme qui rigole. Et à chaque fois, c'est une véritable émotion que de me retrouver dans la première maison de France, surtout lorsque nous y assistons à la décoration amplement méritée d'un personnage cher à mon coeur. Double dose d'émotion donc. 
Des plombes à choisir la tenue qui convient, une ultime retouche de maquillage dans la bagnole miraculeusement garée à moins de 3 bornes, un petit exercice de relaxation, changement de pompes, allez, c'est parti.
Les premiers hommes en uniforme croisés sont spécialement formés à reconnaître au loin les provinciaux endimanchés qui se rendent au Château. Sourire aux lèvres, ils poussent les grilles sans qu'il soit besoin de montrer patte blanche.
Une fois parvenue dans la cour, je rejoins une habituée des lieux qui m'explique qu'il convient non pas de la traverser, la cour, rapport aux gravillons et aux talons (au mieux démarche de canard, au pire chute lamentable) mais de suivre les bâtiments heureusement dotés de sortes de petits trottoirs. Et hop, même pas mal.
La cérémonie est belle, les récipiendaires aux anges, quelques têtes me sont connues du temps où je possédais encore une télé. Tout serait parfait sans la présence incongrue de ma chef. Lorsque tout un chacun tient son rang et sourit à tout rompre, elle fait le choix de galoper, s'esclaffer, remuer l'air de ses bras pour aérer ses aisselles trempées (qu'ilfaitchaudqu'ilfaitchaudqu'ilfaitchaud), ruiner la présentation des petits fours, décontenancer jusqu'au dernier des serveurs ou huissiers.
La gêne commence à gentiment envahir mes boyaux. Je me sens un peu comme coincée à devoir regarder une scène tragique de caméra cachée. Et plus je m'éloigne dans l'espoir de ne pas lui être associée, plus sa voix de rossignol milanais me rappelle... 
Enfin, lorsque la foule commence à se disperser, je ne la vois plus dans les parages. Chouette. Je passe encore quelques minutes à savourer ma présence en ces lieux, balade mon regard, hume cet air que j'imagine différent, passe ma main sur les meubles et me dirige ainsi lentement vers la sortie.
Je tiens en réserve mon ultime sourire de départ en mode: "merci quel honneur", mais quelqu'un saisit mon bras.
"- AAAH!! (petit cri de peur) mais, heu... vous vous êtes donc changée?
- oui, je dégoulinais de transpiration! Alors je suis allée dans les toilettes avec mon sac de voyage (difficile d'imaginer que vous y soyez entrés ensemble pourtant) et zou, j'ai mis ça, je suis bien plus à l'aise."
Comment peut-on se sentir à l'aise dans un survêtement rose à l’Élysée? 
Aïe, elle ne me lâche pas le bras, là. Et forte de ses chaussures de rando, elle se sent parfaitement sereine pour traverser la cour.
Il y a donc bien pire que de quitter le perron élyséen en risquant la chute à chaque pas, il y a quitter le perron le bras prisonnier de celui d'une femme en survêt rose qui galope et lance dans un ultime rire de gorge "ah ben on s'sent mieux, hein?".

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire