2008
Les exercices de crise, c'est ma passion. Quand en prime on les joue avec le GIGN, ma vie est un rêve! Des semaines déjà que nous le préparons, mais des mois que les gaillards sont sur le coup. 2 équipes: les gentils, les méchants. C'est binaire mais ça a fait ses preuves.
Les exercices de crise, c'est ma passion. Quand en prime on les joue avec le GIGN, ma vie est un rêve! Des semaines déjà que nous le préparons, mais des mois que les gaillards sont sur le coup. 2 équipes: les gentils, les méchants. C'est binaire mais ça a fait ses preuves.
De dangereux terroristes s'en prennent donc à une centrale nucléaire et de super gendarmes la défendent bec et ongles. Mais attention, hein, pour de vrai! Hélico dont descendent en rappel les attaquants jusqu'aux toits des tours de refroidissement, cellule de crise armée au sein de la centrale, équipe du GIGN qui vient réellement de son camp de base pour nous défendre. J'en frissonne encore. Je frissonne moins lorsque je constate que mon box de travail en cellule de crise a été installé au 3ème sous-sol et qu'il me faut environ 15 mn pour rejoindre l'endroit où tout se joue, pour redescendre ensuite passer mes com. Ah ben non, ça va pas être possible. Je veux être dans le sein des seins moi, avec les mecs qui font peur. On accepte de me coller sur une petite chaise dans un coin. Pas bougé, coucouche panier, papattes croisées. Mais au moins, je n'en perds pas une miette.
Tout a commencé vers 18h et l'issue est envisagée vers 2 ou 3 h du matin.
Traits tirés, regards et mâchoires d'acier. Des décisions tombent, suivies immédiatement d'actions, de mouvements sur le terrain. Il fait froid et humide mais les combattants se vautrent, rampent, placent leurs pions, guettent, avancent. Les heures passent, à la fois légères et lourdes et le scénario est construit de telle manière que l'ensemble des acteurs a une sensation constante de réalité. L'assaut final se prépare et la grosse baston commence, avec de vrais coups de latte, des empoignades musclées, des corps qui s'entrechoquent, quelques blessures, mais un bilan finalement positif. On l'a reprise cette centrale, nom de nom!
Il est 3h. On débriefe, les mecs quittent leur cagoule. Ils sont couverts de boue et de transpiration. La machinerie du nucléaire français ne renonce à aucun sacrifice et nous invite à nous restaurer. Tu m'étonnes. D'un seul coup, à l'évocation de nourriture, la faim me tenaille le bide, alors même que je n'en ai pas foutu la rame, moi, comparé aux guerriers qui bataillent depuis des plombes. "A table" et de petits filets de bave semblent vouloir couler des commissures des lèvres de ces montagnes humaines!
On nous mène au réfectoire où nous attendent tout plein de serveurs et serveuses. Évidemment, il convient d'attendre qu'un directeur quelconque se félicite de tout ça, magnifique, fantastique, fierté française blablabla. Il est 4h du mat. Je sens que je vais tomber dans les pommes.... Ah, ça y est, c'est fini, on a le droit de faire ripaille!
Ah, ben, ça va pas être facile.
Parce qu'un génie a imaginé que le top du top serait de nous proposer un truc en mode traiteur exquis. Quand nous rêvons pâtes bolo, on nous dit "taost aérien de mousse de machin léger", quand des images sublimes de
bourguignon nous envahissent, on nous répond "mini nems, mais attendez, je vous les réchauffe".... Les pauvres garçons, avec leurs harnachements complexes, n'arrivent même pas à saisir les ingrédients. Ils soufflent et peinent. Les voilà qui ôtent coudières, trucs sur les avant-bras, gants etc... et parviennent parfois à choper ainsi un canapé, une bouchée, éventuellement une petite cuillère préremplie de soupe... le tout sans s'assoir car le même génie a pensé un ameublement design avec 7 mange-debout + tabourets pour les 40 personnes que nous sommes.
Petite leçon de frustration.
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