2009
L'instant est grave, la fin de l'acier a sonné, 10 personnes signeront dans quelques heures le certificat de décès présenté malhabilement comme une sauvegarde. Forcément, comme souvent, Paris nous envoie ce qu'il y a de plus performant et d'efficace sur le marché pour préparer l'instant solennel: une adolescente blonde de surcroît chaussée de santiags roses.
L'instant est grave, la fin de l'acier a sonné, 10 personnes signeront dans quelques heures le certificat de décès présenté malhabilement comme une sauvegarde. Forcément, comme souvent, Paris nous envoie ce qu'il y a de plus performant et d'efficace sur le marché pour préparer l'instant solennel: une adolescente blonde de surcroît chaussée de santiags roses.
Immédiatement sa première grande décision est de nous faire changer la salle, où aura lieu la signature, de sens. Oui, de sens.
"- mais ça n'a pas de sens?
- si, ça en aura dans l'autre sens".
Il convient donc de passer du format portrait au format paysage, ou l'inverse, ou du format cinéma au format je sais pas quoi.
Une petite centaine de fauteuils à bouger, des lumières à adapter, une sono à modifier... et les minutes qui passent à une vitesse folle.
Mais nous tenons le timing. Invités, presse, signataires se présentent, s'installent. Reste le plus important d'entre eux, que je maintiens à l'écart, car il doit répondre à quelques questions télévisuelles.
Miss Crountry est à mes côtés, pensive, je crains le pire.
"- Monsieur le ...., il faut vous maquiller. Vous, là, maquillez-le!"
Mince, c'est à moi qu'elle parle, minimoys. La moitié de ma taille, le quart de mon âge, le triple de ma beauté, ouh qu'elle m'agace.
"- c'est-à-dire, je ne suis pas maquilleuse, voyez-vous mademoiselle, dans la vie je suis...
- oui, ben, prenez votre maquillage, ça fera l'affaire" et le monsieur concerné d'opiner du bonnet.
Le hic, c'est que je n'ai pas encore atteint l'âge critique nécessitant d'avoir du maquillage en permanence sur soi... Je cours voir les secrétaires de big boss.
"- help les filles, filez-moi votre fond de teint!"
On fouille les sacs à main, les poches de manteau, les troisièmes tiroirs et on me sort une sorte de poudre libre toute pourrie et pailletée... Flûte.
C'est ainsi que je poudre le minois du plus fade d'entre eux, devenu extrêmement brillant (objectivement scintillant même) en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Il a fait son interview, sa prise de parole, sa signature avec cette parure étincelante. Le talent, ça tient à peu de chose....
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